Etre freelance

Le guide des libertés et des contraintes

 

 

L’idée de travailler pour vous-même vous caresse l’esprit et c’est pour cette raison que vous êtes ici. Je vous propose une liste non exhaustive des avantages et des inconvénients qui jonchent le chemin des travailleurs indépendants.

Avant de valider votre inscription au Registre du Commerce, assurez-vous de connaître toutes les facettes de ce singulier statut. Comme vous allez le voir, être freelance n’est pas donné à tout le monde.

 

 

 

Quels sont les avantages à être freelance ?

 

Autonomie et indépendance : Le statut de la liberté par excellence

 

 

 

Les horaires de travail, le luxe de choisir

 

Parfois, je commence ma journée à quatre ou cinq heures. Ce n’est pas mon réveil, mais mon cerveau qui m’a sortie de mon sommeil. Etre freelance, ça commence par ça. C’est l’inconscient qui dirige l’entreprise et le corps s’exécute.  J’ai l’esprit harponné par un projet et mes idées fusent dans toutes les directions. Il faut que j’écrive, que je prenne des notes, au risque de tout oublier. Je me lève et je travaille sur mon ordinateur. Je grignote au lance-pierre en dix minutes et finalement, vers minuit, la fatigue m’extirpe de ma torpeur.

 

Certes, ce sont des journées de douze à quinze heures de présence et je ne peux pas le faire tous les jours. Je confesse qu’il m’arrive de baigner dans l’oisiveté une journée entière, parce que j’ai déjà soixante-dix heures de travail au compteur et que j’ai besoin de repos. Etre freelance, c’est aussi savoir lever le pied. Mon travail est fait et j’ai la conscience tranquille. Pourtant, dans le salariat aucun patron n’accepte cette flexibilité.

 

 

Pour ma part, considérant que je ne suis pas une machine, je ne m’impose rien. Ma raison m’oblige uniquement à fournir au minimum une quarantaine d’heures hebdomadaires. Tout repose sur mon inspiration et mon énergie. Toutefois, le cerveau humain apprécie la régularité, alors à vous de trouver votre propre rythme.

 

 

Lieu de travail, les affranchis

 

A priori, un freelance et particulièrement s’il est rédacteur, n’a pas à proprement parler de lieu de travail dédié. À moins qu’il en éprouve le besoin. Auquel cas, il choisira par exemple un espace de coworking.

 

 

Sinon, la mobilité de son ordinateur portable lui permet de travailler à peu près partout sur la planète, en intérieur comme en extérieur. Pas de bureau à louer ni de frais d’électricité ou d’entretien à débourser. Au fond, seules la connexion wifi et une assise confortable semblent indispensables.

 

Pour ma part, j’apprécie un endroit calme où je ne suis dérangée ni par le téléphone, ni par le chat qui vient réclamer un câlin. Certains freelances voyagent beaucoup, emportant sous leur bras leur unique outil de travail, l’ordinateur.

 

 

Jours de repos et congés, un libre arbitre

 

Lorsqu’on est salarié, négocier une journée de congé ou organiser ses vacances s’avère souvent compliqué. Les travailleurs indépendants ne rencontrent pas ce genre de problème. Leurs vacances ne dépendent plus des autres et ça change tout. Aussi, ils ont la possibilité de partir en week-end en milieu de semaine ou de prendre quatre journées d’affilée, sans pour autant déstabiliser la bonne marche de leur entreprise.

 

 

Relations, missions et négociations, en toute indépendance

 

Si vous avez expérimenté le salariat, vous savez combien il est difficile de se sentir bien avec tout le monde. Nous sommes tous différents et c’est ce qui peut créer cette difficulté. Notre caractère, notre philosophie et notre sensibilité transpirent dans notre comportement et dans nos paroles. Aussi, il n’est pas toujours simple de composer. Notamment dans un espace fermé et pour une journée entière. Collaborateurs, associés, clients ou fournisseurs, parfois le feeling ne passe pas et le dialogue est impossible.

 

 

Les freelances, eux, ne s’encombrent pas avec ces détails. Si la qualité de la relation humaine n’est pas à leur portée, ils peuvent mettre fin à un échange et même refuser une mission. Par exemple, si le projet n’appartient pas à leur thème de prédilection. De sorte qu’en s’accordant le droit de dire non, les indépendants peuvent accroitre leur réseau tout en le choisissant.

De même, pour négocier une proposition tarifaire, ce travailleur maîtrise ses propres latitudes et ses charges. Il va s’adapter aux besoins et aux capacités financières du client afin de répondre individuellement à sa demande. Ses devis sont personnalisés et il est le seul décideur.

 

 

La faculté de tout contrôler

 

Les interlocuteurs d’un freelance sont ceux qu’il choisit. Dans chaque secteur d’activité qui gravite autour de son métier, il trie ses relations pour n’en garder que le nectar. Il ne conserve que celles qui lui conviennent et avec lesquelles il travaille en toute transparence. Qu’il s’agisse de stratégie et de communication, de gestion administrative et financière, de tarification et de comptabilité, de prospection, de clientèle, de fournisseurs…

 

 

Il va légitimement privilégier des contacts avec lesquels il se sent en confiance. Du banquier au dépanneur de son imprimante, cet indépendant doit être à l’aise en toutes circonstances.

En effet, le fait qu’il soit seul maître à bord implique qu’il connaisse chaque détail et recoin de son embarcation sur le bout des doigts.

 

Ce capitaine doit sans cesse se tenir informé de chaque évènement, mouvement ou nouveauté au sein et autour de sa structure. Aucune information ne doit lui échapper, sous peine de nuire à son développement.

 

De plus, il va planifier son travail, son organisation, ses rendez-vous, ses temps de prospection, la prise en charge et le suivi de ses tâches. S’il endosse correctement son costume de freelance, tout est sous contrôle.

 

 

 

S’offrir le meilleur de soi-même

 

La démarche peut paraitre égoïste, mais il n’en est rien. Avez-vous observé qu’un salarié offre le meilleur de lui-même à son travail et à son patron ? Le soir, il rentre vidé et épuisé parce qu’il a tout donné. Notamment son temps et ses forces vives. Puisqu’il est rémunéré, chacun trouve ça normal. De surcroît, il subit la pression hiérarchique, la présence de collègues pas toujours à son goût, un lieu de travail souvent bruyant et peu chaleureux, le sentiment de remplir correctement sa tâche sans possibilités d’évoluer ou pire, d’être assis sur un siège éjectable.

 

Loin de cet énorme gaspillage, le freelance s’implique pour lui et pour sa propre société. Son énergie, son temps et sa créativité sont autant de ressources focalisées sur ou pour lui-même. Ainsi, chaque effort va lui permettre de bâtir et de consolider son entreprise.

 

Je me souviens m’être dit un jour « je ne veux plus gâcher ma vie à essayer de la gagner ». J’avais l’impression que je donnais le meilleur de moi à des gens qui ne le méritaient pas. Je leur faisais cadeau de mes plus belles qualités et de mes compétences et ils ne le voyaient même pas. Alors, je me suis jetée à l’eau et j’ai créé ma micro-entreprise. Oui c’est vrai, au début l’eau est glaciale et on est très seul.

 

Mais la motivation a déferlé comme une vague. Emportant sur son passage appréhensions et incertitudes.

Laisser galoper mon imagination, sans crainte d’être jugée, est une délivrance. M’impliquer sur mes sujets préférés et recevoir compliments et encouragements de mes clients est ma plus belle récompense. Cette reconnaissance valorisante et gratifiante n’a pas d’égal. Exprimer librement ma créativité, m’investir dans des projets qui me touchent et défendre des idées que je porte est extrêmement motivant.

 

Ainsi je le concède volontiers, je m’offre aujourd’hui le meilleur de moi-même. Et moi, ce cadeau, je sais l’apprécier !

 

 

 

Bonus des freelances !

 

Grâce à cette permission d’organiser son emploi du temps comme bon lui semble, le travailleur indépendant peut prendre soin de lui et de ses proches. Déposer les enfants à l’école ou accompagner Tata Arlette chez le podologue devient facile.

 

La plupart des freelances sont autodidactes. Ils ont déployé de gros efforts et fait de nombreux sacrifices pour créer leur entreprise en ne partant de rien. Pour obtenir ce résultat, ils ont traversé des périodes de doutes et de peurs bien légitimes, mais ils y sont parvenus. De sorte qu’ils sont fiers d’avoir monté leur business, mais aussi d’occuper enfin un emploi qui leur plait, leur emploi. Ainsi, être son propre patron requiert un caractère bien trempé et une témérité sans faille qui forcent le respect.

 

 

On ressent alors un sentiment de liberté et de reconnaissance sociale. Cela confère à la fois honorabilité, confiance en soi et courage. De plus, vivre de sa passion, car il s’agit bien de cela, c’est un vieux rêve qui se réalise. En effet, peu de gens se targuent de se sentir bien au travail.

 

Enfin, le freelancing permet de laisser sa voiture au garage et de quitter le monde des transports en commun. Dans ces conditions, on peut parler d’une économie certaine de temps et d’argent, mais également d’une participation active pour la protection de l’environnement.

 

 

Quels sont les inconvénients à être freelance ?

 

Contraintes et risques : Le freelancing ne serait pas qu’un long fleuve tranquille ?

 

 

 

Faire cavalier seul

 

Ce statut de cavalier solitaire travaillant chez lui peut engendrer deux désagréments. D’une part, le tissu social est rompu. Finis les potins mondains avec les collègues à la machine à café, les encouragements de votre chef de service ou encore les joutes verbales de votre employeur. Certes, cet aspect n’a l’air de rien, mais pour certains, travailler seul relève du parcours du combattant. En effet, être freelance, c’est être seul. Il vous faut une bonne dose de courage et d’objectivité pour pratiquer l’introspection et vous remettre sans cesse en question.

 

 

D’autre part, la solitude peut vous peser.

 

Par conséquent, des alternatives comme les espaces de coworking ou la location d’un bureau dans une entreprise s’offrent à vous. Par ailleurs, vous pouvez rejoindre ou créer un collectif de freelances où vous allez rencontrer d’autres entrepreneurs, partageant les mêmes problématiques que vous.

 

C’est l’occasion d’échanger, de vous motiver et de vous hisser vers les hauteurs.

 

 

 

Enfin, la procrastination représente un fléau qui guette en permanence les freelances. C’est si simple de se disperser, de reporter notre travail au lendemain ou encore de se laisser distraire. Notamment par la télévision, un coup de fil de Mémé Huguette ou la visite du facteur.

Au fond, être freelance implique des objectifs, des limites et de la volonté. Personne n’est derrière vous pour vous encourager et cette mission est pleinement vôtre.

 

 

L’indomptable déconnexion

 

Ceux qui travaillent à la maison connaissent la musique par cœur. Savoir s’arrêter relève parfois de l’impossible. Moi-même, je n’ai aucun talent dans cette discipline. Je prends tant de plaisir à écrire que j’en oublie le reste du monde. Même le soir ou pendant les vacances, on ne peut pas s’empêcher de penser au travail et à nos clients. Pourtant notre corps a besoin de faire des pauses. Notamment notre cerveau. De plus, nous devons garder en tête que nos proches en pâtissent. Ils nous attendent pour diner, pour se mettre au lit et c’est lassant.

 

Il existe des solutions faciles à mettre en place pour s’imposer des limites. Par exemple, instaurer une habitude, une routine. Faire sonner son réveil à une heure précise et sortir prendre l’air. Quel que soit le climat. Faire le tour du quartier, aller courir ou promener son chien.

Aussi, du lundi au vendredi, vous commencez votre journée en programmant votre réveil. Cela parait grotesque, mais c’est efficace.

De même, pensez à ranger vos affaires professionnelles. Si vous laissez votre ordinateur et vos notes fluorescentes juste sous votre nez pendant le diner, votre esprit risque d’être attiré comme un aimant.

 

 

 

Alterner casques, heaumes et chapeaux

 

L’humain n’ayant qu’une seule tête, porter plusieurs casquettes n’est pas à la portée de tout le monde. Néanmoins, un freelance est à la fois patron et exécutant, commercial et technicien, secrétaire administratif et juridique, gestionnaire et comptable… En bref, il doit savoir tout faire seul, avec régularité et professionnalisme.

 

Pensez à déléguer à d’autres freelances ou partenaires, en échange de différents services. Encore une fois, si vous travaillez en réseau, vous pouvez certainement imaginer un échange vertueux. Ainsi donc, mettez en place des solutions qui vous éviteront de perdre du temps sur les tâches qui vous ralentissent.

 

Cependant, même bien organisé, vous n’êtes jamais à l’abri d’une urgence. Et le freelance se distingue par sa réactivité optimale. Un coup de fil suffit pour mettre à mal votre diner aux chandelles ou votre week-end au poney-club. Par conséquent, votre casquette d’urgentiste doit, elle aussi, vous suivre partout. Dans toutes les situations, savoir prioriser les tâches est une vertu.

 

 

Des revenus hasardeux

 

Personne ne souhaite évoquer ce danger, mais il est bien réel, tout au long de la vie du freelance. Ce statut n’offre en effet aucune garantie de salaire. Sans mission et donc sans chiffre d’affaires, il n’y a aucun salaire possible. Rien n’est prévu dans la législation, même pas un petit four ! Quant aux primes, voire au treizième mois, inutile de vous préciser qu’ils n’appartiennent qu’à l’univers du salariat. C’est pourquoi les indépendants vigilants profitent d’un mois bien rémunéré pour glisser quelques billets dans leur tirelire. Ils pourront la briser à la fin des mois de disette.

 

 

Les risques sociaux

 

Socialement, on ne va pas se mentir, les freelances demeurent les oubliés du système. Les congés payés n’existent pas et la couverture sociale est bien moins protectrice et molletonnée que pour les salariés.

 

Quant à la couverture maladie, si vous avez une petite santé, oubliez ce statut. Le freelance n’a pas le droit de tomber malade, sous peine de sombrer dans l’indigence.

Cependant, celui qui souscrit à une prévoyance santé peut prétendre à percevoir quelques miettes. Vous toucherez alors une indemnisation calculée sur la base du salaire moyen annuel que vous avez préalablement déclaré. Sauf que, pour anticiper son salaire moyen dans le freelancing, il faut s’appeler Miroska.

 

Cerise sur le gâteau, ce statut ne bénéficie d’aucune indemnité de chômage. Oui, madame ! En d’autres termes, les freelances ont intérêt à générer du chiffre d’affaires s’ils veulent remplir leur réfrigérateur.

 

 

L’obstacle de l’instabilité

 

Les banquiers sont frileux et les propriétaires prudents. Chacun admet unanimement qu’un travailleur indépendant est instable. A priori, ils sont dans le vrai. Le salaire du freelance est rarement identique d’un mois sur l’autre. Même s’il gagne bien sa vie, le manque de stabilité va le desservir lorsqu’il aura besoin d’un logement ou d’un prêt bancaire.

 

Néanmoins, s’appuyer sur de solides garants peut suffire à les rassurer. En outre, si vous êtes engagé pour une mission à long terme, présentez votre contrat et votre bon de commande. Ils attestent de votre stabilité et de vos futurs revenus. Cela devrait calmer leurs inquiétudes. Sinon, il reste des mobil-homes à louer au camping des Flots bleus.

 

 

Malus des freelances !

 

En achevant le paragraphe précédent truffé de mauvaises nouvelles, je me suis demandé s’il était vraiment nécessaire d’en rajouter une couche. J’hésitais à porter l’estocade avec un paragraphe « malus ». Mais si vous lisez cet article, c’est que vous cherchez à savoir, à tout savoir.

 

Alors c’est vrai, je n’ai pas évoqué le regard de certains malotrus, persuadés que le travailleur indépendant somnole toute la journée. Ces indélicats osent la grossièreté de lui demander d’aller au pressing ou de préparer des crêpes. Arguant de leur manque de temps puisque, eux… ils travaillent !

 

 

Ensuite, le freelance vit dans une compétition sans fin où rien n’est jamais acquis. Ce qui induit une disponibilité et une réactivité de chaque instant. Aussi, cette implication permanente exige un travail quotidien supplémentaire. Le répit n’est donc pas à l’ordre du jour.

 

Enfin, le facteur stress berce le freelancing. Effectivement, travailler sans filet, œuvrer sur tous les fronts et répondre aux urgences engendre immanquablement de l’anxiété. C’est pourquoi, à moins de s’appeler Skywalker, le freelance peut être en proie à des troubles de la santé comme l’insomnie ou l’anorexie par exemple.

 

 

Au cours de votre lecture, il y a sûrement des moments où le doute vous a envahi. Et puis d’autres instants où une furieuse envie de vous engager s’est emparée de vous. Si comme moi, vous considérez que travailler en freelance offre davantage de bonheur et de gratifications que de déconvenues et de désagréments, alors lancez-vous.

 

 

Travailler à son compte, c’est la liberté de décider et de choisir les chemins que l’on veut emprunter et les gens dont on souhaite s’entourer.

 

Ce statut retentit comme une victoire sur le monde du travail, dans sa plus sombre représentation, son formatage et son conditionnement.

 

 

 

Néanmoins, gardez bien en mémoire qu’être freelance représente un investissement de chaque minute et de toutes vos ressources, financières, professionnelles, humaines et psychologiques. C’est pourquoi cette décision se doit d’être mûrement réfléchie. N’hésitez pas à lister les points positifs et négatifs évoqués dans cet article. Ce petit exercice va vous pousser dans vos retranchements. Il vous permettra de savoir si vous êtes fait pour le freelancing. Votre esprit d’aventurier sera alors en mesure de choisir la direction la plus adaptée à vos attentes et à votre tempérament.

 

 

Alors, vous sentez-vous prêt à devenir votre propre patron ?

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